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  • EA 4008 – Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques (...)

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    Workshop

     

    Cinquante ans après (1968)

     

    7 décembre 2018

     


    PDF - 54.8 ko
    Programme

     

     

    Séminaires LLCP 2018 (ouverts aux doctorants)

     

     

     

    Séminaire « Archives non européennes de la philosophie »

     

     

    Responsables :

     

    • Farah CHÉRIF ZAHAR,
    • Orazio IRRERA,
    • Nadia Yala KUSIKIDI,
    • Matthieu RENAULT,
    • Guillaume SIBERTIN-BLANC

     

    Horaires : Mercredi 12-15 h (semestre 1)

     

     

     

    ARGUMENT 

     

     

    Arracher la philosophie à une géographie qui, aujourd’hui encore, lui fait confondre les limites de son « territoire » avec les frontières, réelles ou fantasmées, de l’Occident : tel est, dans son expression la plus générale et encore négative, le programme poursuivi par plusieurs membres de notre département qui tou.tes partagent l’exigence de potentialisation réciproque entre la relecture critique des traditions philosophiques occidentales et leur décentrement, impliquant la révision de leurs suppositions métaphysiques et anthropologiques non moins que des historiographies dominantes de la philosophie. Ce séminaire vise à rassembler les forces et à confronter des approches hétérogènes, en associant étroitement les étudiant.es à cette entreprise à laquelle nous voudrions prêter une dimension non seulement descriptive mais aussi prescriptive en terme d’enseignement et de recherche philosophiques en France.

     

     

    Explorer les archives non-européennes de la philosophie, tâche indissociable de leur (re)construction, s’entend ici en un triple sens. Il s’agit, premièrement, de réinterroger le canon de la discipline, ses sujets, auteurs et textes de référence, et de mesurer les effets engendrés par sa confrontation à une série de savoirs, et contre-savoirs, produits hors d’Europe, qu’ils se soient donné le nom de philosophie ou non. Il s’agit, deuxièmement, de reconsidérer ses objets en analysant la manière dont la « rencontre » entre l’Europe et les mondes non-européens, sous le signe dominant de la violence (esclavagiste, coloniale, impérialiste) mais aussi de la résistance, a contribué à configurer tout un ensemble de problèmes philosophiques plus ou moins classiques, que de singuliers refoulements ont rendus en apparence étrangers à ces mêmes expériences de violence et de résistance. Il s’agira troisièmement d’interroger l’entreprise même de constitution d’archives non-européennes, en tentant de se déprendre des concepts et des distinctions imposés par la cartographie coloniale de la philosophie, et, partant, de questionner la formation des catégories canoniques de « philosophie européenne/occidentale » et de mesurer les limites de distinctions telles que Europe/non-Europe, Occident/non-Occident.

     

     

    Lieu d’expérimentation et d’élaboration théorique, ce séminaire alternera séances de réflexion collective, exposés de participant.e.s au séminaire et interventions d’invité.e.s extérieur.e.s. Le programme du semestre sera donné lors de la première séance.

     

     

     

    Le séminaire Archives non européennes de philosophie accueille le professeur Souleymane Bachir Diagne (Columbia University) pour une conférence inaugurale : Réflexion sur les "bibliothèques africaines" et le développement des Timbuktu studies. MERCREDI 3 OCTOBRE 2018 (12h - 15h, salle A028)

     

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    « Spinoza à Paris 8 » : Séminaire International et Interdisciplinaire de Recherches Spinozistes (depuis 2015)

     

     

    Org. Charles Ramond

     

     

    La figure de Spinoza a été présente dès l’origine de la création de l’université de Vincennes. Spinoza était pour Deleuze « le Christ des philosophes ». Badiou, dans des entretiens récents, déclare s’approcher toujours plus d’une vision spinozienne de la subjectivation et des affects de joie, dont il compte faire la matière du troisième volume de L’Être et l’Événement. La confrontation des thèses de Foucault et de Spinoza est maintenant de mieux en mieux instruite. La réflexion de Rancière sur les « mécomptes » démocratiques, ou les analyses de Lyotard (par exemple dans Pourquoi philosopher ?) croisent, rencontrent, discutent, les thèses de Spinoza. L’ambition du Séminaire, conformément à l’orientation contemporaine et internationale de l’université de Paris 8, est de montrer comment la philosophie de Spinoza continue à offrir une ressource de pensée dans tous les champs du savoir, de la pratique et de la création. Les séances auront lieu de 18H à 20H, Université Paris 8, Salle J004

     

     

     

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    SÉMINAIRE LES DIALOGUES PHILOSOPHIQUES

     

     

    Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine, de la Caraïbe et d’Europe à la Maison de l’Amérique Latine de Paris (depuis 2015)

     

     

    Maison de l’Amérique Latine, 217, BD SAINT-GERMAIN - 75007 PARIS

     

     

    Créé par le Laboratoire Logiques Contemporaines de la Philosophie de l’Université Paris 8 (LLCP EA 4008 – axe de recherche « Hétérogénéité des mondes et logiques de l’émancipation ») en partenariat avec le Collège International de Philosophie (CIPH), le Laboratoire du Changement Social et Politique de l’Université Paris 7 – Diderot (LCSP EA 7335) et l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine (IHEAL), le SÉMINAIRE LES DIALOGUES PHILOSOPHIQUES accueille et présente à Paris les travaux qui renouvellent depuis plusieurs décennies la scène philosophique sud- et mésoaméricaine en nouant des liens inventifs avec les sciences sociales et les arts ainsi qu’en dialoguant avec la recherche philosophique contemporaine en Europe.

     

     

    Ajoutant à sa tenue mensuelle à la Maison de l’Amérique latine de Paris l’organisation de journées d’études et de colloques internationaux, l’encadrement de cotutelles de thèses et la responsabilité de publications, il favorise à travers ses échanges l’émergence d’une communauté de chercheurs et de jeunes chercheurs ayant le monde sud- et mésoaméricain en partage et faisant de la transdisciplinarité de la pensée et de l’internationalisme de la création une œuvre collective aussi libre que rigoureuse.

     

    Associé aux initiatives persévérantes d’études philosophiques et universitaires pendant la période des dictatures d’Amérique latine et de l’exil, puis aux discussions politiques, juridiques et philosophiques du temps de la transition et de la reconstruction, il continue de placer l’accent sur les questions de la démocratie et de l’émancipation, sur les enjeux de l’enseignement et de l’université, sur les interactions de la mémoire ainsi que sur les créations sociales et artistiques.

     

     

    COMITÉ SCIENTIFIQUE

     

     

    Marie Cuillerai (Paris 7), Stéphane Douailler (Paris 8), Éric Lecerf (Paris 8), Martine Leibovici (Paris 7), Georges Navet (Paris 8), Bertrand Ogilvie (Paris 8), Etienne Tassin (Paris 7), Nelson Vallejo Gomez (FMSH), Patrick Vauday (Paris 8), Patrice Vermeren (Paris 8).

     

     

    ÉQUIPE DES DIALOGUES PHILOSOPHIQUES

     

     

    Julie Alfonsi (Paris 7), Daniel Alvaro (UBA), Marie Bardet (Paris 8 / Espacio Eclectico Buenos-Aires), Andrea Benvenuto (EHESS), Mercedes Betria (Universidad de Rosario), Laura Brondino (Lille 3), Jean-Jacques Cadet (Paris 8), Gustavo Celedon (Universidad Católica de Valparaiso), Carlos Contreras (Universidades de Chile y de Valparaiso), Elena Donato (UBA), Louise Ferté (Université de Picardie), Maria Soledad Garcia (Universidad nacional de Colombia), Nicolas Garibaldi (Universidad de Cordoba), Obed Frausto Gatica (UNAM), Claudia Guitérrez (Universidad de Chile), Marco Iazzetta (Universidad de Rosario), Camille Louis (Paris 8), Luz Maria Lozano Suarez (Universidad del Atlantico, Barranquilla), Martin Macias (Paris 8), Geoffroy Mannet (Paris 8), Julio Miranda Canhada (Universidade de Sao Paulo), Angélica Montes (ESSEC), Soledad Nivoli (Universidad de Rosario), Carlos Pérez López (CONICYT), Nelson F. Roberto (Paris 8), Senda Inés Sferco (CONICET, IIGG-UBA), Pauline Vermeren (Paris 7), Aurélie Veyron-Churlet (Terra), Agostina Weler (Paris 8), Karen Wild Diaz (Paris 8).

     

     

    SEMINAIRES DES DOCTORANTS

     

     

    Les doctorants du LLCP sont engagés dans l’organisation et l’animation de quatre séminaires/laboratoires jeunes chercheurs, à titre principal ou en coopération avec des doctorants d’universitaires étrangères (en particulier latino-américaines) dans le cadre de réseaux (dont le plus ancien remonte à 2011) d’échange et de mobilité internationaux. Les enseignants-chercheurs du laboratoire LLCP y sont associés, à titre de coorganisateurs de manifestations spécifiques ou de participants :

     

    1) Laboratoire jeunes chercheurs LLCP : TEMPORALITÉS, SUBJECTIVITÉS, POLITIQUE (créé en 2018)

     

    2) Séminaire de doctorants du LLCP : L’ART AU TRAVAIL (créé en 2018)

     

    3) Réseau international de doctorants PERDRE LE NORD : TERRITOIRES, SUBJECTIVATIONS ET ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD GLOBAL (associant parmi les coorganisateurs doctorants du LLCP et d’autres institutions des pays du sud)

     

    4) Laboratoire jeunes chercheurs : TOURNANT – EXTENSIONS DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE AUJOURD’HUI (associant doctorants et chercheurs du LLCP et d’autres institutions françaises et latino-américaines) (créé en 2011)

     

    Ci-dessous l’historique et l’argumentaire de ces quatres séminaires, et le programme de leurs dernières manifestations (pour l’année 2018) :

     

     Laboratoire jeunes chercheurs LLCP : TEMPORALITÉS, SUBJECTIVITÉS, POLITIQUE (2018-2019)

     

    Séminaire transdisciplinaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis, 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)

     

    Argumentaire :

     

    La temporalité du bouleversement politique est celle d’une rupture relativement à la continuité d’un temps abstrait, homogène et vide du capital. Inversement, la chronopolitique du capitalisme et son rêve de synchronicité globale trouve sa réalisation ultime dans la crise, devenue un mode de gouvernementalité.

     

    Qu’en est-il si nous reprenons la question à partir de la notion de subjectivité telle qu’elle relie sur une capacité à agir, c’est-à-dire sur la politique en un lieu et un moment donnés, selon un point de vue qui n’était pas interchangeable ?

     

    Par ailleurs, à quelles formes de temporalités et de subjectivités politiques les mouvements que nous connaissons donnent-ils lieu ? Quelles en sont les formes d’inscription dans la pratique sociale, les langages par lesquels ils se transmettent, leurs formes d’historicité ?

     

    Ce séminaire invite à une exploration des notions des temporalités et des subjectivités politiques, en posant la question, non pas seulement de comment faire de l’histoire, mais aussi de quelles formes d’agir et de praxis politiques relaient sur la situation présente.

     

    À la suite d’un séminaire d’études politiques au Proche et Moyen-Orient en 2016-2017 et 2017-2018, il s’ouvre à des différentes situations de transnationalités à travers l’histoire des mouvements. Les formes de reliance et d’organisation sociale, politique, économique, etc., ne suivent plus seulement la logique des cadres nationaux et internationaux, de façon liée à la globalisation, mais aussi des échelles locales/globales, transnationales et translocales.

     

    On questionnera les conditions selon lesquelles se sont transformées les modalités des rapports entre vie et politique, suivant des méthodologies inter- et transdisciplinaires. Une large place sera faite aux recherches qui portent sur les formes de l’archive.

     

    Programme du semestre :

     

    18 octobre 2018, Salle G -2 (Rez-de-chaussée Bât G) de Midi à 15h00 – Séance 1

    • Amir Kianpour (LLCP-Paris 8) : Les inégalités temporelles dans la pensée marxiste
    • Béatrice Rettig (LLCP-Paris 8) : Qu’est-ce que la subjectivité ?
    • Camille Fauroux (EHESS/Lille 3) : L’épistémologie du point de vue dans les archives vivantes

     

    22 novembre 2018, Salle G -2 (Rez-de-chaussée Bât G) de Midi à 15h00 – Séance 2

     

     

    • Valentin Schaepelynck (EXPERICE-Paris 8) : Les temporalités de l’analyse institutionnelle
    • Engin Sustam (EXPERICE-Paris 8) : Orthodoxies et hétérodoxies marxistes et anarchistes dans les pratiques autogestionnaires
    • Josep Rafanell i Ora : Construire des communautés contre le capitalisme

     

    13 décembre 2018, Salle G -2 (Rez-de-chaussée Bât G) de Midi à 15h00 – Séance 3

     

    • Naji El Khatib (MEDFIL) : L’écriture de l’histoire des luttes des peuples sans États
    • Marina Nebbiolo (MEDFIL) : Le projet « Pierres parlantes », Récits et pratiques de l’espace alternatifs
    • Yilmaz Özdil (Université de Mardin Artuklu / Chercheur invité à l’EHESS-CETOBaC) : La construction visuelle des identités Kurdes au cinéma

     

    INVITATION de la professeure Silvana RABINOVICH (Chercheure de l’Institut d’Investigations Philologiques de l’Université nationale autonome du Mexique et chercheure associée au LLCP EA 4008 Paris 8 ; Professeure responsable du projet PAPIIT (UNAM) Hétéonomies de la justice. Territorialités nomades ; Professeure associée au Programme Pédagogies de la trace (IDEFI-CréaTIC) 

    LUNDI 5 NOVEMBRE 2018, 12h - 15h Université Paris 8 Saint-Denis

    2, rue de la Liberté – 93526 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)

    Espace Deleuze - Bât. A, autour de la mezzanine du 1er étage

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    Séminaire de doctorants du LLCP L’ART AU TRAVAIL

     

    CRÉÉ À L’INITIATIVE DE DOCTORANTS DU LLCP, le séminaire doctoral « L’art au travail » est un séminaire de philosophie à destination des doctorants qui abordent la question de l’art dans des thèses rédigées au sein de l’École doctorale Pratiques et théories du sens (SENS) et Esthétique, sciences et technologies des arts (EDESTA). Ouvert à d’autres participants il vise à interroger le lien entre le champ de la pensée philosophique et celui des arts. Par le biais de rencontres avec des artistes, de dialogues avec les directeurs de recherche et de débats autour des problématiques soulevées par chacun, les animateurs de ce séminaire souhaitent à la fois mettre l’art à l’épreuve de la philosophie et ouvrir la pensée philosophique au travail artistique.

     

    Le séminaire vise également à donner naissance à des manifestations scientifiques en collaboration avec les écoles doctorales Pratiques et théories du sens et Esthétique, sciences et technologies des arts.

     

    Responsables/Contacts :

    Orianne CASTEL : <castelorianne@gmail.com>

    Behrang POURHOSSEINI : <behrang.poor@gmail.com>

     

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    Réseau international de doctorants PERDRE LE NORD : TERRITOIRES, SUBJECTIVATIONS ET ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD GLOBAL (associant parmi les coorganisateurs doctorants du LLCP et d’autres institutions françaises et latino-américaines)

     

    À L’INITIATIVE de Ana Isabel AGUERA (Université Paris 8 & Université d’État d’Haïti), Lucía BELLORO (Université Paris 3, Institut des Hautes Études d’Amérique Latine), Jean-Jacques CADET (Université Paris 8), Luz Maria LOZANO SUAREZ (Université Paris 8 & Universidad Del Atlantico).

     

    Avec : Bárbara AGUER (UBA / CONICET), Lina ALVAREZ (Université Catholique de Louvain), Gilles MARTINET (Paris 3 / IHEAL), Jose Pedro ORTEGA (Paris 8 & Université Autonome de Santo Domingo), Omane PRIMO (mastérisant avancé Paris 8), Jimena SOSA (UNT / CONICET).

     

    ARGUMENTAIRE :

     

    La création du Réseau international de doctorants PERDRE LE NORD (avril 2018) vise à favoriser une discussion au sujet des instruments conceptuels et méthodologiques que les processus pratiques et théoriques de décolonisation en cours élaborent pour faire advenir une nouvelle pensée du Sud. Les membres de ce réseau entendent analyser les usages et les emprunts théoriques qu’ils font de ces grandes tendances quand elles sont convoquées dans les recherches doctorales des jeunes chercheurs au sein de l’espace américain et caraïbéen, et débattre de leur pertinence avec des chercheurs confirmés du domaine.

     

    Dans les années 1940, l’Amérique inversée de J. Torres García bouleverse l’imaginaire cartographique en mettant en question la boussole affichée en haut de la feuille qui nous oriente vers une manière particulière de lire, de partager et de construire un territoire. Sur la carte on écrit ou on trace (« graphia ») les territoires : des territoires nationaux, juridiques, historiques, mais aussi des territoires affectifs, symboliques et épistémologiques. Les coups de pinceaux créent des frontières et des limites. La boussole indique le sens du territoire en tant qu’ensemble culturel producteur de significations et d’interprétations de soi-même et de l’Autre.

     

    Depuis la colonisation des Amériques et la création de la mappemonde, la boussole a orienté ou polarisé toutes les régions du monde avec leurs territoires cognitifs, identitaires ou conceptuels dans la direction du Nord. Mettre en question la centralité que le Nord constitue pour le monde exige de faire un double geste : étudier les pratiques culturelles et épistémologiques et leurs mécanismes de subjectivation associés, qui depuis la « Découverte » ont fait d’une vaste partie des Amériques une aire du Sud ; retourner la carte (Perdre le Nord) de façon à rendre visible ce qui existe et résiste sous elle, ce qui peut produire des tremblements, ce qui pousse les frontières à changer de place et de nature, ce qui construit souterrainement les nouvelles géographies de la pensée.

     

    Les développements que l’on doit aux études décoloniales ont montré à quel point la boussole du Nord a eu besoin de construire sa propre extériorité pour se placer au centre, réussir à s’imposer dans tous les domaines et traverser d’un bout à l’autre nos pratiques culturelles, productions de savoirs et modes de subjectivation. Alors que Dussel a souligné la relation intrinsèque entre la modernité européenne et le pouvoir colonial par laquelle la découverte de l’Amérique a en fait « re-couvert » autrui en le soumettant au lieu d’énonciation du Même forgé dans l’Europe Occidentale, E. Saïd a établi pour sa part que la création de l’Orient, un territoire marginal à l’égard des centres impériaux, avait essayé de faire exister l’image et l’identité du Nord Occidental à travers leurs figures inversées. Plus récemment S. Castro-Gómez a mis en relief l’implication à l’échelle du monde du sujet rationnel cartésien dans le colonialisme et le post-colonialisme, et la puissance qu’il a développée de rejeter dans l’ombre des pans entiers de l’histoire du monde. Également d’actualité, les Epistémologies du Sud proposent d’approcher les savoirs depuis une « raison qui souffre » (E. Dorismond).

     

    Ressaisissant ces paris actuels des épistémologies décoloniales et quelques autres sous le motif de la « perte du Nord », le réseau de doctorants se donne pour objectif de repenser les pratiques d’émancipation et les modes de subjectivation dont une aire culturelle se tisse, aux bords des lignes de partage qui ont divisé et séparé l’expérience entre les récits d’une modernité universelle et les silences construits des mondes autres. Perdre le Nord veut dire alors se diriger vers les marges suivant d’autres boussoles, déplacer les logiques dominantes, faire migrer les concepts vers la « Zone du non-être », organiser les savoirs en archipels (E.Glissant), s’aviser de la fausseté des images totales du monde, ressaisir la portée globale des pratiques locales (F. Fanon).

     

     

    Contacts :

    Ana Isabel Aguera : anagueraparis@gmail.com 

    Lucía Belloro : luciaabe@yahoo.com.ar

    Jean-Jacques Cadet : cadet.jeanjacques@yahoo.fr

    Luz Maria Lozano Suarez : luzlozano@mail.uniatlantico.edu.co

     

    DERNIÈRES ACTIVITÉS :

    - Journées Internationales d’Études « Décoloniser les sciences sociales : les voi(e)x d’une raison qui souffre », 8-9 mars 2018 – Cap Haïtien 

    - Journée internationale d’études du réseau « Perdre le nord » : « Perdre le Nord : territoires, subjectivités et épistémologies dans le Sud Global », Samedi 13 octobre 2018, 9h-19h, Université Paris 8 - Salle D143.

    (Programmes : http://www.llcp.univ-paris8.fr/spip.php?article1745)

     

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    Laboratoire jeunes chercheurs : TOURNANT – EXTENSIONS DE LA PRATIQUE PHILOSOPHIQUE AUJOURD’HUI (associant doctorants du LLCP et d’autres institutions françaises et latino-américaines)

     

    À L’INITIATIVE de Daniel Alvaro (Paris 8 & Universidad de Buenos-Aires), Carolina Avalos (Paris 8 & Universidad Católica de Valparaíso), Marie Bardet (Paris 8 & Espacio Eclectico de Buenos-Aires), Gustavo Celedon (Paris 8 & Universidad de Valparaíso), Elena Donato (Paris 8 & Universidad de Buenos-Aires), Camille Louis (Paris 8 & Kom.post), Carlos Perez Lopez (Paris 8, CONICYT-Universidad de Chile, PUCV), Soledad Nivoli (Paris 8, Universidad nacional de Rosario & IUNIR), Senda Sferco (Paris 8 & CONICET-Universidad del Litoral).

     

    ARGUMENTAIRE :

    Le LABORATOIRE TOURNANT rassemble des JEUNES CHERCHEURS (doctorants et docteurs) de France, d’Argentine, du Chili, d’autres pays et continents, qui se réunissent en invitant à leur table de travail des personnes partageant le désir de questionner ce qui fait, plutôt que ce que sont, des « pratiques de la philosophie aujourd’hui ». Ils souhaitent partir de l’université non pour s’en écarter mais pour y faire entrer ses écarts : ce qui, en permanence, la côtoie, lui fait signe, l’étend et lui demande de repenser ses outils, ses formes et ses enjeux avant de prétendre penser ceux de tous ses « autres » et de tous ses « dehors ». Le laboratoire, lieu d’expérimentations, d’hypothèses et de pistes d’investigations nouvelles, fait tourner la logique de la philosophie académique en commençant par l’observer : quelles sont ses pratiques d’enseignement, de transmission, ou peut-être de repli sur soi en temps de crise, temps de démystification qui appelle à la déconstruction des acquis, à la remise en cause, à la mise en crise, à la critique ? Quelles peuvent être les conditions pour l’émergence ‘une pensée critique aujourd’hui et comment y parvenir si ce n’est en se mettant au travail, en pratiquant au présent, en confrontation avec les pratiques présentes aujourd’hui ? Cela demande, non pas une théorie professée par la philosophie, mais la mise en place d’un terrain où philosophes, artistes, activistes, acteurs sociaux, confrontent leurs méthodes, apprennent l’autre, et, dans cette collaboration, tentent des transformations, des hybridations qui ne sont peut-être nécessaires qu’à une chose : continuer à penser au / le présent.

     

    DERNIÈRES ACTIVITÉS :

     

    17 mai 2018 : Retours du Discours de l’Indien Rouge. Université nationale San Martin de Buenos-Aires

     

    Argument : Traductions transhumantes du poème de Mahmud Darwish en espagnol, mazatèque, chinantèque, mixtèque, zapotèque et maya. Discussions autour d’expériences croisées d’hospitalité radicale et de nomadisme dans le procès de traduction et de justice entre la Palestine, Mexico et le Sahara Occidental (République Arabe Sahraouie Démocratique). Dra. Silvana Rabinovich, Publication de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) 2017. Action soutenue par l’atelier-laboratoire IDEFI-CréaTIC "Pédagogies de la trace : remémorations, traductions, hospitalités dans la langue" de l’Université Paris 8.

    28 octobre 2016 – REALISMO – MATERIALISMO – RELACIONALISMO. Apuestas contemporanéas en ciencia, filosofía, arte y poltítica, MACBA Buenos-Aires

    Organisé par Daniel AVARO, Marie BARDET et Christian DE RONDE

    Avec la participation d’Emanuel Biset, Valentina Bulo, Mariana de Gainza, Florencio Noceti, Sebastián Torres et Sergio Tonkonoff

     

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